Le commerce équitable

Né de la volonté de personnes conscientes de l’impact de leur consommation sur les populations du sud, le commerce équitable est considéré comme une alternative de plus en plus sérieuse à la mondialisation sauvage.

Le commerce équitable ne se résume pas à de l’importation et de la commercialisation éthique. Un des facteurs du succès d’une telle entreprise est la promotion d’un développement local, souvent impulsé en partenariat avec des ONG, afin qu’un processus d’auto-développement s’engage autour de la valorisation des potentiels locaux.

C’est pour cela que l’éducation du public fait partie de nos préoccupations et est au centre de notre raison d’être. C’est par des campagnes de sensibilisation, des interventions auprès des médias, des conférences, des évènement dans les lieux publics, etc. que l’on parvient à créer des éco-citoyens conscients de leurs impacts mais aussi maîtres de leurs décisions.

Le commerce équitable améliore les conditions de vie des plus défavorisés surtout lorsqu’il se concentre sur les produits utilisant le facteur de production le plus abondant dans le pays pauvre (ex. la main d’œuvre). L’industrie du vêtement est sans nul doute l’une des industries les plus intensives en travail de la planète !

Nous pouvons donc aider les populations du sud dans une mesure jamais égalée !

Née de la mise en synergie d’acteurs de changement, cette initiative se veut un levier pour améliorer les conditions de vie d’hommes et de femmes tant au Sud qu’au Nord, dans un même élan de partage et de solidarité.

Entre 1950 et 2001, le PIB mondial a presque été multiplié par 7, les exportations de produits agricoles sont 18 fois plus importantes en 2001 qu’en 1950, et depuis 1970 le volume des exportations mondiales de produits de l’agriculture a plus que doublé. (Tiré du site de l’OMC « World Trade Developments in 2001 and prospects for 2002 ».)

Pourtant, les pays sous développés, principaux producteurs et exportateurs de matières premières, ne parviennent pas à sortir du cycle de la pauvreté et de l’endettement.

La part des exportations de matières premières issues de l’agriculture dans le total du commerce international est en constante chute à cause de la faiblesse des prix sur les marchés internationaux.

Source sans précédent de croissance des richesses, le système actuel de commerce international laisse des millions de personnes parmi les plus pauvres du monde dans la plus terrible pauvreté, accroissant de ce fait les inégalités entre pays riches et pays pauvres.

La tendance actuelle veut que les échanges de nature économique suivent, autant que faire se peut, les «lois du marché ». Or ces lois du marché, qui n’ont rien de « naturel », sont sans cesse faussées par le protectionnisme pratiqué, mais non affiché, des pays développés, à l’encontre des produits en provenance des pays en développement.

Le rôle des entreprises transnationales est grand dans ce constat. Jouant de la division internationale du travail, ces groupes tentaculaires sont responsables de la chute des prix de nombreux produits. En effet, 45 % des exportations mondiales se font hors marché, c’est-à-dire d’entreprise mère à filiale et inversement. Leur position inégalée sur le marché fait d’elles les véritables décideurs des prix des commodités.

Entre 1980 et 2000, le prix du cacao a chuté de 71,2 % ; le café de 64,5 % ; le riz de 60,9 % ; le sucre de 76,6 %.

Depuis la fin des rapports coloniaux, l'ampleur des échanges commerciaux Nord/Sud augmente sans qu'il y ait eu de diminution des problèmes découlant des différences économiques, politiques, culturelles et autres, qui existent entre ces pays.

Si l’Afrique, l’Asie du sud-est, le sous-continent indien et l’Amérique Latine devaient chacun augmenter leur part des exportations mondiales de 1 %, le gain qui en résulterait pourrait faire sortir 128 millions de personnes de la pauvreté.(Rapport « Deux Poids, Deux Mesures », Oxfam International, 2002)

Les matières premières représentent plus de la moitié des revenus à l’exportation de 37 des pays classés par le FMI et la Banque Mondiale comme Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Pour 15 d’entre eux, elles représentent plus de 90 % des leurs revenus d’exportation. (International Task Force 1999)

Or seules les exportations de matières premières génèrent pour ces pays les devises étrangères nécessaires à l’importation de produits de première nécessité, comme le pétrole, les technologies et les produits agricoles de base.

En 1964, lors de la première de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), les représentants des pays sous-développés lancent le fameux cri « Trade not Aid! » : «Du commerce, pas de l’aide! ».

Partant du constat amer de l’incapacité du commerce international de résoudre, ou pour le moins d’endiguer la paupérisation d’une par toujours plus croissante de la population de la planète, le mouvement du commerce équitable porte, au cœur de ses objectifs, le désir d'alléger les problèmes liés aux disparités économiques entre les communautés des pays pauvres et celles des pays développés.

Depuis bientôt 10 ans au Québec, le commerce équitable est un mouvement en pleine expansion qui occupe le devant de la scène des univers de l’alter-monde, de l’écologie et des ONG. Au Canada, le commerce équitable repose principalement sur les produits alimentaires : le café, cacao, sucre, thé, riz, épices, ..., ainsi que l’artisanat.

Pourtant, si les produits équitables alimentaires connaissent un succès sans démenti depuis leur introduction sur le marché, pénétrant tour à tour petites et grandes surfaces, les produits d’artisanat et vestimentaires restent confinés aux réseaux alternatifs et ne sont que trop peu connus du grand public.

L’arrivée de la certification du coton par FLO-International et Transfair Canada nous offre l’opportunité de faire rentrer les vêtements faits de coton équitable dans le grand public.