De fil en aiguilles... depuis les champs de coton jusqu'aux usines
de confection.
fibrEthik travaille principalement avec deux usines de transformation et de fabrication des vêtements:
Situation :Ville de Kolkata, État du West Bengal, Est de l'Inde.
Mission : fournir du travail de qualité aux femmes et aux hommes des
quartiers pauvres de Calcutta, devenir le phare de la responsabilité
sociale et environnementale de la région et du secteur.
Travailleurs (euses) : Environ 300.
Producteurs de coton équitable : L'entreprise achète la production de
coton équitable et bio du projet de l'Andrah Pradesh.
Type d'entreprise :Entreprise familiale.
Certifications : FLO/Transfair, GOTS.
La transformation du coton
Une fois récolté, le coton doit être nettoyé et filé, afin d'obtenir le
fil dont on va faire le tissu, puis le vêtement. La transformation de
presque tout le coton de l'Andrah Pradesh est fait par l'entreprise de
Calcutta.
Historiquement, l'usine est un des pionniers du commerce équitable en
Inde. Les premiers clients dans le bio ont été des organismes européens comme
GreenPeace, ou le WWF.
Entreprise familiale fondée en 1934, ce sont trois générations de
gérants qui se succèdent à sa tête. Depuis 5 ans l'entreprise a
abandonné le coton conventionnel et ne fait plus QUE du biologique et équitable. Environ 300 employés travaillent dans les
ateliers et les trois quarts d’entre-eux se concentrent sur les tâches
du découpage et de l’assemblage.
Liens producteurs - confectionneurs
L'entreprise de Calcutta a soutenu les producteurs du projet de l'Andrah
Pradesh depuis son commencement en 2004, et achète maintenant presque
toute leur production.
De plus, en 2007, 10% des parts de l'usine de confection ont été donnés
aux fermiers de du projet de l'Andrah Pradesh, ainsi les fermiers
recevront maintenant une part des bénéfices de l'usine. De plus,
l'entreprise de confection paye en outre 150 roupies de dédommagement
des frais de certifications.
L'usine est engagée depuis déjà cinq ans dans une démarche de
responsabilité sociale avec deux partenaires, soit Greenpeance Licence
et Oxfam Magasin du Monde.
D’un côté, Greenpeance Licence contrôle l’aspect écologique de
l’entreprise et de l’autre, Oxfam Magasin du Monde tente d’implanter un
code de conduite sociale (Code de conduite de la Campagne Vêtement
Propres) afin de s’assurer des bonnes conditions de travail des
employés.
L'environnement
Le plus grand soin est apporté pour respecter l’environnement lors de la
transformation du coton et des vêtements. Certifiée selon les normes
biologiques
GOTS, tous les intrants doivent
être biodégradables à plus de 90% dans un délai de 28 jours. Par
exemple, les tissus sont lavés au savon et non au détergent; ils sont
rétrécis préalablement via un procédé mécanique et non pas chimique. Les
teintures sont exemptes de métaux lourds (azo-free dyes) ce qui évite
les produits cancérigènes comme le zinc, le plomb etc...
Pour blanchir les tissus, on utilise uniquement du péroxyde d'hydrogène.
Ce procédé libère uniquement de l'oxygène dans l'atmosphère. C'est le
procédé le plus environnemental connu a ce jour. L'usine, conformément à
la certification biologique, n'utilise pas de produits chlorés, ni de
blanchiment optique (Optical Whitener).
Toutes les étapes du processus de production sont contrôlées par un
organisme indépendant de certification biologique. Le certificat délivré
par un organe indépendant constitue la preuve qu'il s'agit d'un
vêtement fabriqué de façon respectueuse de l'environnement.
D'autre part, la génératrice de courant de la nouvelle usine est une
génératrice verte, consommant peu de petrole !
Les conditions de travail
Oxfam Belgique tente donc d’implanter un code de conduite sociale (Code
de conduite de la
Campagne Vêtement Propres) afin de s’assurer des
conditions de travail des employés de l'usine. Ainsi, lorsque la
Fairtrade Labbelling Organizations International (FLO) -la certification
équitable- a lancé ses exigences supplémentaires pour les commerçants
de la filière coton, l’entreprise respectait déjà la majorité des
exigences basées sur les conventions de l'Organisation Internationale du
Travail (OIT).
L'usine de Calcutta externalise la filature du coton -fabrication du
fil- au sein d'une usine conforme aux normes du travail de l'OIT et est
certifiée ISO 9001:2000 (gestion de qualité). L'usine travaille pour
mettre en application les conditions de la campagne vêtements propres
dans cette usine (
Clean Cloths Campaign avec Oxfam). Cependant cela
prendra encore du temps avant d'obtenir la norme SA8000 (une norme
sociale globale de responsabilité pour des conditions de travail
décentes).
En fait l'entreprise de confection va plus loin que des conditions de
l’OIT, par exemple en fournissant un service de garde et d’éducation
primaire et secondaire pour les enfants des ouvriers, et un arrangement
de rotation de prêt pour des ouvriers. Dans les usines, la nourriture et
l’hébergement des ouvriers est pris en charge, et dans la nouvelle
usine, les conditions d’hébergement sont particulièrement modernes et
propres.
Les ouvriers peuvent, à l’évidence s’estimer chanceux : les ateliers
sont aérés, clairs, l’hébergement y est offert et le lunch est payé par
l’entreprise.
Le salaire y est supérieur a la normale d’environ 20% (selon nos calculs
et les déclarations de la direction de l'entreprise). L'usine veut
devenir un standard dans le traitement des employés à Calcutta et amener
les autres industriels à offrir d’aussi bonnes conditions de travail,
notamment au travers de la nouvelle usine qui offrira des conditions de
travail meilleurs (quoi que la vielle usine soit elle aussi bien au
dessus des usines classiques que nous ayons pu voir ! ).
Situation : Ville de Tirupur, État du Tamil-Nadu, Sud de l'Inde.
Mission : Fournir du travail aux femmes de communautés pauvres de leur
région, notamment les femmes veuves.
Travailleurs (euses) : Environ 200 (dont 130 femmes).
Producteurs de coton équitable : L'usine de Tirupur achète la
production de coton équitable et bio de la coopérative du Gujarat.
Type d'entreprise : Entreprise d'insertion a but non lucratif !
Certifications : FLO/Transfair, membre WFTO, GOTS.
La petite histoire...
Cette entreprise est la propriété de l'ordre des Sœurs Franciscaines de
Ste Marie Immaculée. Cet ordre agissait jusqu'il y a peu en Inde pour
la réhabilitation des lépreux. Puis délaissant les léproseries, (la
lèpre est presque disparue en Inde), il déploie maintenant, à travers
tout le pays, des missions de soins médicaux, des hôpitaux, des écoles
pour les aveugles, sourds, des orphelinats et des maisons d'accueil de
personnes âgées, pour personnes handicapées..
En 1994, Sœur Dr Michelle Francis fonde l'usine de Tirupur Avec l'aide
du directeur de l'usine, M. Kurian, ils ouvrent un premier atelier. Leur
objectif : venir en aide et fournir du travail à un groupe de femmes
issues de communautés pauvres de la région de Tirupur.
Au départ, seul de petits contrats sont effectués. Des contrats
provenant de surplus d'autres compagnies ou bien de vérification. Mais
pas de quoi offrir des emplois à temps plein a tout le monde.
Alors Sœur Michelle, prenant son bâton de pèlerin, part a la recherche
de contrats en Europe, et c'est en Allemagne, en 1995, qu'elle obtient
une première commande venant d'un membre du réseau IFAT. Très satisfaits
du résultat, ils passeront alors de nouvelles commandes, et demandent a
débuter la fabrication de vêtements de coton biologique.
Le directeur de l'usine, M. Kurian, part alors a la recherche de coton
bio et le trouve auprès de la coopérative du Gujarat.
Le problème, à cette époque, est que le petit nombre de contrats et le
faible volume, ne permettent pas de fournir un poste permanent à toutes
les employées. Et c'est la qu'intervient encore une fois la force du
réseau équitable !
Le directeur de l'usine fait l'objet d'une invitation de la part du
réseau des magasins du monde en Europe, pour participer à une tournée de
conférences et ateliers en Allemagne.
Il rencontre à cette occasion des journalistes allemands qui écrivent
l'histoire de l'usine, et la publient dans pas moins que 3 revues.
Et les choses s'enchaînent : un nouveau client allemand, un autre en
Angleterre puis des japonais...
Depuis 1999, le problème des postes à temps partiel est réglé, et ce
sont plus de 200 personnes qui travaillent dans les ateliers, dont 130
femmes (110 ouvrières textiles + employées administratives).
A titre d'exemple, alors que l'industrie paye les ouvrières à la pièce,
ce qui procure un salaire moyen de 100 roupies par jour (2.50CAD),
l'entreprise paye une ouvrière 140 roupies par jour (3.50CAD).
L'impact du commerce équitable !
L'usine de Tirupur participe au financement de la construction d'un
hôpital pour traiter les malades atteints du Cancer au Kérala. Le Kérala
est l'État indien le plus durement touché par le cancer. Là bas, les
malades meurent bien trop souvent par manque de soins, les traitements
chimiothérapiques étant trop chers, et les hôpitaux d'État présentant
des listes d'attente bien trop longues.
Cet hôpital aura pour objectif de payer 50% des frais des malades.
Notez aussi que les employés de l'usine de Tirupur bénéficient d'une
couverture maladie!